Sayuri n’avait même pas remarqué qu’elles étaient entrées en ville tant elle s’intéressait à sa nouvelle « copine ». Heureusement que Mr Lapin veillait, il avait un œil sur la route pour éviter les chutes, parce qu’un genou écorché ça ne fait pas bien mal mais Mr Lapin n’a pas encore de diplôme d’infirmier, un jour peut-être, quand on permettra aux lapins d’étudier.
La démone n’avait pas d’enfant, et bien, au moins Mr Lapin garderait toutes ses pattes. Il se souvenait d’une dispute entre Sayuri et une de ses camarades de jeu, elles avaient tiré sur ses pattes si fort, chacune de leur côté, qu’il avait bien cru les perdre toutes les deux. Heureusement, Sayuri avait eu le dessus et Mr Lapin n’avait écopé que d’un sérieux mal de mousse, à défaut de douleurs musculaires.
L’estomac du lapin fut brutalement mis à mal quand la petite démone se mit à sautiller en frappant dans ses mains à l’évocation d’apprendre à berner les gens.
-Youpi ! On va bien rigoler !
Il était vrai qu’ils n’avaient rencontrés que peu d’adultes les encourageant à mentir, en général s’ils comprenaient le mensonge ils n’avaient plus qu’à prendre pieds et pattes au cou et à filer, les oreilles au vent. D’ailleurs Mr Lapin aimait bien cette dame, elle lui avait serré la main, il était rare qu’on lui montre les égards qui lui étaient dus, et dans la décision de Sayuri, 50% venait de l’avis de Mr Lapin, qui était donc, très favorable pour le moment.
La peluche eut, un bref instant, une vision de rêve, la tête appuyée sur la poitrine de la démone, mais Sayuri, en bougeant un bras le priva de cet aperçu du paradis, enfin de l’enfer, de toute manière un lapin se fiche que vous soyez ange ou démon alors…Mais voilà, Mr Lapin avait le mal de l’air, Sayuri du le serrer plus fort et elle le rassura une fois qu’ils furent de nouveau sur la terre ferme. Le pauvre lapin était tout barbouillé, mais la démone elle, allait très bien, elle n’était pas aussi impressionnable voyons…
-Tu m’apprendras aussi à faire ça ?
Elles étaient donc arrivées, Sayuri jeta un bref coup d’œil aux environs, ne reconnaissant pas du tout l’endroit, elle finit par emboiter le pas à Dokuko, répondant à sa question par un « Ouais ! » des plus enjoués.